Roger Gicquel : « la phrase de Coluche était très juste »
Le journaliste est mort à l’age de 77 ans. Article sur Europe1.fr ici
En Mars 2007 dans la revue Médias
Roger Gicquel répond aux questions de Guy-Pierre Bennet (l’intégrale est ici)
« Que reste-t-il de votre image dans la mémoire des gens ?
Probablement l’image d’un homme mélancolique.
Un regard triste porté sur la façon dont allait le monde.
La phrase de Coluche était très juste. C’est vrai que quand un avion tombait, on aurait dit que c’était sur mes godasses ! En fait, c’était de la sensibilité. Un journaliste qui relate un événement effroyable, s’il n’a pas cette once d’émotion naturelle, n’est pas humain.
Aujourd’hui, l’information à la télévision est désincarnée, directe et sans état d’âme. Je ne suis pas d’accord. Prendre le temps d’expliquer les choses et donner aux autres le temps de les entendre et de les comprendre, c’est une qualité. Pas seulement professionnelle. C’est aussi une qualité de vie. »
La fin du 20 heures
Dans cette entretien Roger Gicquel explique notamment son départ après 6 ans de présentation du 20 heures.
« Qu’est-ce qui a motivé votre départ du JT en décembre 1981 ?
Au moment de l’exécution de Christian Ranucci, j’avais présenté un court reportage, une démonstration « à vide » de ce qu’était une guillotine.
28 juillet 1976
J’ai reçu des menaces de mort, des courriers qui nous mettaient en danger, ma famille et moi : « Vous défendez un tueur d’enfant, nous allons vous montrer ce que c’est. » Visiblement ces gens savaient tout de moi. Mon adresse, mes habitudes, celles de ma famille… La police m’a immédiatement adjoint des anges gardiens chargés de me protéger pendant quelques jours. Tout ça m’a fait réfléchir sur ce que je faisais là.
Et puis, six ans, c’est beaucoup : je ne voulais pas rester un homme-tronc toute ma vie. Il y avait, en prime, les bagarres internes à l’approche des élections de 1981… Je me souviens avoir été invité à déjeuner par un responsable du Parti communiste qui, après avoir longuement tourné autour du pot, a fini par me dire : « Si la gauche passe, on vous garde ! » J’étais accablé ! Fou furieux ! Je n’avais besoin ni d’être gardé, ni d’être protégé, ni d’être choisi. Toute ma vie, j’ai choisi ma route seul.
Qu’avez-vous fait ensuite : un « placard aux chimères » pour reprendre le titre de l’un de vos livres ? Pas du tout ! J’ai quitté le JT de ma propre décision. J’ai certes, pendant un temps, été mis en retrait, mais très vite j’ai réalisé des grands reportages et je peux vous dire que j’ai été comblé ! D’ailleurs, je n’ai quitté TF1 qu’en 1986, au moment où Francis Bouygues est arrivé. »
source: revue médias mars 2007













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