Images clandestines de la misère en Corée du Nord

Sur le site du Telegraph cette vidéo exclusive de l’agence Asiapress basée au Japon.

L’agence présente ces images comme étant celles d’un petit groupe de citoyens journalistes qui a fait passer ce document par la frontière chinoise.

Ils travaillent et sont payés par Asiapress qui vient de publier le 1er numéro d’un magazine entièrement réalisé par des nord coréens.

Magazine intitulé RimJin Gang (« Rimjin-gang » est le nom de la rivière qui traverse la zone démilitarisée partant du Nord elle coule en Corée du Sud)

Ce groupe de journalistes nord coréens a été présenté à Tokyo le 1er novembre dernier (voir ci-après)

L’homme qui est interviewé dans la vidéo est un chauffeur de camion devenu journaliste en 2009. Il se présente sous le nom de Kim Dong-Cheol.

Les premières images sont terribles. L’ombre d’une jeune femme de 23 ans atone qui ramasse de l’herbe pour la vendre. A la question « que manges tu à la maison ? » elle répond « rien » après une longue pause.

Il y a ensuite une scène ou l’on voit la colère d’une femme qui insulte un policier.  Cette essaie de monter à bord d’un camion pour l’emmener au travail et elle explose quand le policier en uniforme demande un pot de vin. Elle est soutenue par plusieurs hommes et avant de monter dans le camion la femme crie : «Ce flic est un idiot »

Suicides, tracts et graffiti

Le directeur de Asiapress, Jiro Ishimaru, estime : « un changement est en cours en Corée du Nord » car « les autorités ne commande plus la crainte et le respect du peuple« .

C’est, selon lui, ce qu’indique l’interview du passeur des images.

L’homme est interrogé sur ce qui s’est passé depuis la réforme monétaire de Novembre 2009 qui a provoqué des troubles. Il répond qu’il y a eu une forte augmentation du nombre des Kotchebi (les sans-abri) et des suicides chez les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux .

«Les gens sont très en colère. Tout le monde dit que si quelque chose comme cela devait se produire à nouveau, ils perdraient toute confiance dans le pays, et pourrait se rebeller »

Le passeur raconte aussi que des tracts critiques vis à vis du régime ont été distribués dans le sud du pays. Il ajoute: « j’ai entendu dire qu’à Pyongyang des personnes ont été arrêtées pour des affichettes réclamant plus de liberté« .

M. Kim parle aussi de graffitis qu’il a vu et cite : « Ouverture et Réforme! ». D’autres slogans ont fait leur apparition et visent des responsables régionaux du régime.

500$ par mois et du cash pour les pots de vins

Le groupe de journalistes nord coréens qui fait sortir des images du pays a été formé par l’agence Asiapress depuis 2004.

Ils sont 8 qui travaillent sous un nom d’emprunt et pour leur sécurité ils ne se connaissent, n’ont jamais été présenté les uns aux autres.

Chacun est payé environ 500 $ par mois avec en plus de quoi corrompre les gardes-frontières et les policiers.

En 6 ans « ils ont fait passer près de 100 heures d’images » dit le site de l’agence.

Ce groupe est constitué de 7 hommes et 1 femme venus d’horizons différents. Leur profil est –> ici <– sur le site

Il y a par exemple Lee Jun, la trentaine, il était ouvrier dans une usine et a fui en Chine en 1999 lors de la famine dont on estime qu’elle à fait 1 millions de morts. Chômeurs et sans-abri Lee Jun a été embauché par Asiapress pour retourner en Corée du Nord.

«Je ne suis pas contre la Corée du Nord ou même Kim Jong-Il comme personne, mais je suis contre un système qui ne permet pas aux gens de vivre » dit Lee Jun.

Il s’explique dans une vidéo qui raconte son histoire

La femme se fait appeler Paek Hyang. La quarantaine elle est mère de 2 enfants et vit dans la partie nord du pays. Elle est correspondante depuis 2005 et « veut montrer la société nord-coréenne du point de vue d’une femme »

Il y a encore Jeong Chang-Gil présenté comme un ouvrier qui aime la photographie. Kae Myung-Bin est un fonctionnaire dans une grande entreprise d’État.

Les images sont stockées sur des cartes SD, tournées avec de petites caméras numériques ou avec des mobiles

AsiaPress n’est pas le seul média qui travail avec des journalistes ou des informateurs en Corée du Nord.

Il faut citer également Open Radio for North Korea et Daily NK qui reçoivent également des rapports de correspondants à l’intérieur du pays.

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